Le Château de Val à travers les siècles
Le nom de Val vient du latin vallis (vallée très large). Il fut donné au lieu de par sa situation sur la Dordogne. Comme en attestait la présence de deux menhirs, aujourd'hui disparus et comme en témoignent encore plusieurs tumulus visibles dans les environs du Château, la région de Val fut habitée par des tribus sédentaires du néolithique.
A l'époque gallo-romaine, un riche gaulois y possédait un large domaine et sa résidence, qui fut détruite par les Alamans, fut ultérieurement reconstruite à proximité.
Cette exploitation agricole avait pratiquement les limites de la Seigneurie de Val.
Des vestiges de cette époque restent scellés dans Ies murs du Château : le visiteur attentif pourra voir deux pierres en grès sculptées, encastrées dans le mur de soutènement de l'escalier adossé à la chapelle : l'une représente la roue solaire, l'autre les rayons à courbures gammées, symbole du dieu gaulois Bélénus très vénéré par les Arvernes.
A la fin de l'époque gallo-romaine, le climat dinsécurité obligeant l'aristocratie à chercher refuge dans des fortifications,l'éperon schisteux sur lequel est bâti le Château constituait un emplacement naturel idéal pour l'établissement d'un système défensif qui, à cette époque, devait se limiter à un fortin de bois entouré d'une palissade.
Les propriétaires du Château de Val de 1660 à 1948
1660-1661 Pierre le Cousturier
1661-1720 Pierrede Geneste, Marquis du Repaire
1720-1724 Pierre-Gaston de LasCases
1724-1747 Les Saint-ehamans (Jacques-François d'Hautefort et Jacques-François de Salles)
1747-1757 Marie-François des Cars
1757-1779 Val en copropriété (Louis Charles de Villelume, Claude Josephde Naucoze, Jacques Louis de Pestel)
1778-1779 Achat des 3 parts de Val par Ignace Dubois de Saint-Etienne
1779-1793 La Maison de Saint-Etienne
1793-1805 La Période Révolutionnaire
1805-1806 Gaspard de Saint-Etienne
1806-1813 Maître Antoine Offroy Delga
1813-1814 Gaspard de Saint-Etienne
1814-1837 André Longueville
1837-1865 Louis Gauthier
1865-1883 Jules Souchard
1883-1898 Charlotte Smith-Souchard
1898-1948 La Maison d'Arcy
De 1660 à 1948 De 1660 à 1948, différentes familles se succédèrent dans la propriété du Château.
Un certain nombre d'évènements affectèrent cette période dont plusieurs restaurations qui permirent la conservation du château : La première restauration du Château (1660 - 1685) Dès qu'il en devint propriétaire, Pierre le Cousturier entreprit un certain nombre de réparations qui s'avéraient nécessaires, il refit notamment les murs de soutènement de la basse cour. Pierre le Cousturier revendit Val le 18 août 1661 au marquis du Repaire, valeureux militaire, qui venait se réfugier à Val entre deux campagnes, Ce dernier voulait donc apporter à sa propriété un certain nombre d'améliorations. Il fit réaliser autour du Château un jardin à la française (dessiné, croit-on, par Le Nôtre) dont il ne reste plus que des plateformes et les escaliers visibles aux basses eaux du barrage.
Il fit également boiser, à proximité, le parc dit des Archers qu'il entoura de murs avec interdiction d'y couper du bois.
La deuxième restauration (1779-1793) Dès le début du XVIIIe siècle, le Château de Val était devenu inhabitable et complètement délaissé, il tombait pratiquement en ruines. C'est alors qu'il fut acheté à ses trois copropriétaires par Ignace Dubois de SaintEtienne en 1778-1779.
Originaire d'un bourg du Cantal (SaintEtienne de Chomeil) et d'une noblesse récente, Ignace Dubois de Sain t-Etienne, détenteur d'une très grande fortune, fit l'acquisition de nombreuses seigneuries du voisinage et reconstitua notamment le tout de la Seigneurie de Lanobre et Val.
Dans l'acte notarié du 3 avril 1779, par lequel monsieur de Saint -Etienne devenait propriétaire, il était constaté que le Château de Val était en ruines. Avant se s'installer à Val, le nouvel occupant dut investir 30 000 livres pour le restaurer. La totalité des toitures durent être refaites, la large fissure qui, face à la chapelle, apparaissait de haut en bas de la courtine du donjon fut colmatée, le salon fut orné d'une grande cheminée style Louis XVI, un beau parquet fut posé.
Le Château de Val pendant la Révolution Jusqu'à la fin de 1790, la Révolution n'eut pratiquement pas de répercussions sur la vie de la seigneurie de Val puisque, le 31 décembre, monsieur de Saint-Etienne présent a à l'Evéché, en tant que seigneur de Val, le nouveau desservant de sa chapelle. Mais la situation devint de plus en plus tendue. Le seigneur de Val fut arrêté et ne put s'échapper que grâce à l'intervention de paysans qui le tenaient en estime. Ses fils Gaspard et Margot ayant pris le
chemin de l'exil, il vit ses biens mis sous séquestre en 1793.
Des scellés furent apposés sur la porte du Château, et monsieur de Saint-Etienne s'en fut trouver asile dans une famille d'amis. Pendant la période du Directoire et malgré les scellés, le Château fut pillé, peut- être même "squatté" par des réfractaires à la conscription qui trouvèrent là une cachette idéale. Quand le calme fut revenu, les héritiers de monsieur de Saint-Etienne n'acceptèrent la succession que sous bénéfice d'inventaire.
Et le 21 mars 1805, jour de l'adjudication, Gaspard, le fils aîné, se rendit acquéreur du Château de Val pour la faible somme de 24 000 francs. La troisième restauration Monsieur André Longueville, commerçant à Bort, étant devenu propriétaire du Château le 10 février 1814, commença pour le monument une période de lente décomposition.
Le nouveau propriétaire essaya de tirer profit au maximum de son acquisition, rasant les futaient, vendant des planches et des poutres.
Par jugement du 1" décembre 1837, Longueville fut expulsé de Val : ce fut en fait un nouveau sauvetage du château car, si Longueville en était resté propriétaire, il aurait vendu jusqu'aux pierres des tours. Heureusement pour l'édifice, monsieur Gauthier l'acheta avec son domaine et consacra toute sa fortune à le réparer et à l'embellir.
Il le meubla, dota certaines fenêtres de vitraux, fit décorer le fumoir de peintures murales ; il étendit également la surface du domaine, en lui adjoignant, peu à peu, des terrains voisins. Hélas, après plus de 25 ans à Val, des problèmes financiers contraignirent monsieur Gauthier à vendre.
Et le 21 juillet 1865, monsieur Jules Souchard, consul de France à Boston, fit l'acquisition aux enchères du Château et de son domaine.
Monsieur Souchard poursuivit l'oeuvre de restauration très largement engagée par son prédécesseur.
Il continua à adjoindre au domaine de nouvelles terres, à tel point que ce dernier devint le plus important de la région; il fit ouvrir la route actuelle et planter une allée de sapins. Il fit remettre à neuf l'intérieur : le sa lon fut tapissé de cuir de Cordoue et au mur figurait un Bacchus attribué à Rubens ; une cheminée gothique fut installée, une décoration somptueuse d'inspiration Renaissance, avec profusion d'or, parachevait le tout.
Les derniers propriétaires Monsieur Souchard décédé, Val revint à son épouse qui le légua en 1896, par testament, à la vicomtesse d'Arcy, petite-fille de monsieur Rouher, Premier ministre de Napoléon III, qui avait reçu le surnom de vice-Empereur du fait de son grand ascendant sur l'Empereur.
Après les décès de monsieur et de madame d'Arcy, Val revint à leur seconde fille, Léontine d'Arcy, qui épousa monsieur Pierre Hénaul t.
Expropriés par EDF en 1946, monsieur et madame Hénault quittèrent le château en 1948.
Ils emmenèrent logiquement le bel ameublement laissant vide les salles. La quatrième restauration.
De 1949 à nos jours Sans surveillance dès la fin de 1948, le Château fut pillé par des cambrioleurs qui emportèrent ju squ'aux tuyauteries de plomb. Cependant, dès 1951, le Syndicat d'Initiative de Bort-les-Orgues en a assuré la protection en installant sur le lieu même un gardien et sa famille.
En 1953, EDF céda pour un prix symbolique le Château à la ville de Bort et ce grâce à l'insistance de monsieur Maurice Georges, Président du Syndicat d'Initiative, et à monsieur Bonnet, directeur régional de l'EDF, qui consentit, par ailleurs, à faire construire par la compagnie nationale la jetée actuelle, seul lien avec la rive, lors des eaux hautes de la retenue.
La gestion fut confiée au Syndicat d'Initiative qui se trouva confronté à une tâche particulièrement ardue tant, depuis l'expropriation de 1948, les dégradations s'étaient multipliées.
Un travail continu de restauration a été entrepris : les toitures du corps de logis et des tours ont été refaites ; l'ensemble de la maçonnerie a été revu ; la grosse tour d'entrée a été complètement restaurée ainsi que le grand escalier et la chapelle ; le premier étage a été entièrement tendu de tissus afin de mieux mettre en valeur la tapisserie d'Aubusson, les tableaux et autres meubles qui ont été achetés petit à petit; la cour a été rendue plus attrayante ; le chemin de ronde a été refait : la salle "Maurice Georges", dédiée au sauveteur de Val, a été aménagée dans les communs; l'éclairage extérieur a été remplacé pour mettre en valeur, la nuit, le Château-fort sur son îlot.
Chaque période estivale est marquée par des concerts de musique et par de grandes expositions de peinture, d'un renom international, qui donnent à Val une animation à la hauteur de sa réputation.
Et ce sans parler des travaux d'entretien courant réalisés chaque hiver par des entreprises locales et auxquels participe le couple de gardien dévouement exemplaire.
Cette chaîne de volontés à servir la sauvegarde du Château de Val a permis de conserver le Monument; la reconnaissance de ce travail s'exprime par le flot de touristes qui viennent le découvrir avec émerveillement.
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